La communauté arménienne d’Ispahan

Initiative inédite du Conseil Franco-Iranien (CFI) 

Avec Argin Abnoussian

Au début du XVIIe siècle, les Empires safavide et ottoman se sont disputé les régions du Nakhitchevan et de l’Arménie, dans le Caucase actuel. Djolfa était un quartier arménien du Nakhitchevan qui, de par sa situation géographique et ses nombreuses activités commerciales, jouait un rôle-clé dans les relations économiques entre l’Orient et l’Occident.

Quand le roi safavide Abbas Ier entre dans Djolfa, les Arméniens l’accueillent comme celui qui les sauverait de l’emprise ottomane. Abbas le Grand se décide alors à installer la communauté arménienne de Djolfa dans sa capitale : Ispahan. Ainsi que commence l’histoire de la « nouvelle » Djolfa.

Djolfa est depuis un quartier d’Ispahan où l’appel à la prière qui résonne dans les mosquées se mêle au son des cloches des églises. La Djolfa d’Ispahan est le seul héritage qui nous est resté de l’histoire brillante des commerçants, artisans et artistes du quartier d’origine. La liberté culturelle, religieuse et commerciale accordée aux Arméniens, installés au sud de la cité, leur a permis de construire leur nouvelle ville avec somptuosité et en conformité avec leurs goûts, tout en cohabitant pacifiquement. L’exemple phare de cette collaboration est l’introduction de l’imprimerie en Iran, puis au Moyen-Orient, qui s’est faite pour la première fois avec l’archevêque de Vank, Khatchator Gsaratsi.

Djolfa continue aujourd’hui de mener une vie prospère grâce à ses églises et écoles, sa communauté arménienne, ses activités artistiques, culturelles et sportives atypiques ainsi que son patrimoine ancien. En développant le tourisme et les relations internationales, Djolfa a émergé comme pivot du développement touristique et culturel d’Ispahan.